Mémoires contemporaines (partie 2)

LA GUERRE
DE 14-18

 

Les années de transformation précédente vont être brusquement arrêtées par le conflit le plus meurtrier de l’histoire. Toute une génération sera sacrifiée et Hillion n’échappera pas au massacre avec plus de 120 « morts pour la France », sans compter les blessés, gazés, mutilés qui devront aussi vivre avec le souvenir d’un immense carnage.

Dernière mise à jour, le 14 août 2020 à 11:12

Les poilus en guerre

 

En ce début d'année 1914, les relations diplomatiques entre la France, l'Angleterre, la Russie (la Triple entente) et l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Italie (la Triplice) sont très tendues, mais c'est en juin et juillet, après l'assassinat de l'archiduc d'Autriche que les événements vont s'accélérer.

Les notices communales, écrites par les instituteurs et les institutrices, sur demande du Ministre de l'Instruction Publique, permettent une bonne connaissance de la vie dans les communes du département des Côtes d'Armor pendant la Première Guerre Mondiale.

Hillion n'a pas de notice communale, mais la vie pendant cette période devait être comparable à celle des communes environnantes ( Yffiniac, Langueux , Pordic, Moncontour,…)

 

Le samedi 1er Août, la population n'est pas surprise d'entendre le tocsin à l'église en fin d'après-midi. Des affiches sont placardées sur les mairies  et la mobilisation est prévue pour le dimanche 2 Août à 16 heures. Le matin même certains territoriaux désignés comme Gardes de Voies de Communications avaient déjà reçu leur feuille de route.

 

Le 2 Août le départ des mobilisés, ( les plus jeunes classes), commence et s'effectue dans le calme et l'ordre, avec patriotisme. Les hommes partent confiants , en chantant, et aux cris de « à Berlin, nous les aurons », la guerre sera de courte durée, les femmes de leurs côtés pleurent. Chacun est persuadé que le bon  droit est du côté français. A partir du 3 Août les hommes de la réserve de l'active partent et rejoignent leurs dépôts de mobilisation.

La mobilisation continue jusqu'au 11 Août, date de la fin de la mobilisation, mais se prolongera quelques jours. Pendant cette période les chevaux et les charrettes sont réquisitionnés (peu de réclamation, ils sont largement payés).

 

Pendant la durée de la guerre 439 résidents à Hillion seront mobilisés. Dès le 30 juillet 8 hommes sont appelés pour la garde des voies de communication, au cours de la première semaine 170 hommes sont mobilisés : 3 le 1er Août, 45 le 2 Août, 42 le 3 Août, 40 le 4 Août, soit un total de 211 pendant le seul mois d'Août et de 274 pendant toute l'année 1914.

 

Le recrutement continuera au rythme de l'appel des nouvelles classes et du rappel de certains hommes qui avaient été reconnus inaptes au moment des conseils de révisions ou des commissions de réformes. En 1915, 51 hillionnais partiront au front, 41 en 1916, 16 en 1917 et 15 en 1918 et une quarantaine  qui étaient déjà dans l'armée ou dont les dates de recrutement sont incertaines.

Poilus de la région de Saint-Brieuc
74e RIT. Tous des bretons de larégion de Saint-Brieuc
Fiche matricule

La vie à Hillion pendant la guerre

 

L'administration communale a continué à fonctionner pendant toute la durée de la guerre, les maires ayant très souvent, passé l'âge d'être mobilisé, les instituteurs non mobilisés ou les institutrices ont rempli les fonctions de secrétaires de mairies.

 

A la fin Août le souvenir des absents vient préoccuper les esprits, les rares nouvelles deviennent plus abondantes et parfois se contredisent , les premiers blessés arrivent, malgré l'arrêt de l'avance allemande, la guerre se poursuit avec l'angoisse d'apprendre un malheur.

 

La vie économique a continué , pendant la durée de la guerre, grâce aux femmes, aux enfants, et aux « vieillards » . La population n' a pas trop souffert de rationnement, ni d'argent avec les pensions et allocations de l’État versées aux veuves et orphelins, et si  l'augmentation du prix des denrées a enrichi les cultivateurs et les commerçants, la dernière année a été plus difficile avec l'arrivée de la grippe.

 

A l'église, les prêtres ont entretenu le patriotisme par la lecture des lettres pastorales de l'évêque de Saint Brieuc dans lesquelles il exaltait la gloire des soldats et le devoir des civils.

 

Un autre fait qui a contribué à maintenir le bon esprit et le patriotisme dans la population , à la faire tenir, c'est la lecture des journaux. Les familles lisent beaucoup, surtout le dimanche, les faits de la semaine. Les journaux, tous de tendance modérée, sont écrits dans un très haut sens patriotique. Les plus lus sont: Ouest Eclair de Rennes, Le Petit Parisien, La Croix, Le Moniteur des Côtes du Nord, …..  Il en est résulté  que cette  lecture a puissamment contribué à conserver le moral de la population et que l'instruction générale s'est développée.

 

Pendant toute la durée de la guerre, les enfants ont continué à fréquenter l'école. Pendant les hivers rigoureux de 1914 et 1915, les femmes  et les élèves ont confectionné des vêtements chauds pour les soldats.

 

Le 11 novembre 1918, le grand soulagement, dès la connaissance de la signature de l 'armistice les cloches sonnent, les enfants chantent des chants patriotiques.

Les conséquences de la guerre

 

Dans ce conflit, 90 Hillionnais sont MORTS POUR LA FRANCE,  126 noms figurent sur les monuments aux morts d'Hillion et de Saint René (résidents et natifs d'Hillion )  auxquels doivent s'ajouter des oubliés, au total 145 noms pourraient y être inscrits.(fiches 010901 et 010902)

A la fin de cette terrible guerre la France est victorieuse mais épuisée. Ce conflit aura endeuillé de nombreuses familles, laissé des veuves, des orphelins, des blessés «  les gueules cassées », des traumatisés à vie.

Fiche de soldat « mort pour la France » -document « Mémoire des hommes »
 Etienne Cabaret, aumônier militaire, mort pour la France et une de ses lettres - 1
Etienne Cabaret, aumônier militaire, mort pour la France et une de ses lettres - 3

Les monuments aux morts

 

En 1920, toute la France construit des monuments pour honorer les morts de la grande guerre. La municipalité de Hillion, désormais tenue par les radicaux-socialistes désire un monument neutre et laïc. Le recteur refuse de le bénir s’il n’y a pas une croix. On tergiverse et finalement, on acceptera une petite croix sur le dessus.

Un autre monument est érigé à Saint René

Plan du monument et carte postale de 1925 - 1
Plan du monument et carte postale de 1925 - 2