Jeudi, 16 juin 2016

L'abri douanier de Saint-Guimont reprend vie


Il était caché sous des ronces. Depuis plusieurs mois, ses vestiges situés au-dessus du port sont progressivement restaurés, révélant une perle du petit patrimoine communal.

En Bretagne, c'est à la veille de la Révolution française, que le sentier dit des douaniers a été officialisé. Il permettait de sillonner la côte pour empêcher la contrebande. Progressivement abandonné durant la première moitié du XXe siècle, il permettait aux douaniers de patrouiller le long des côtes depuis leurs corps de garde et abris situés sur des points d'observation clés de la côte.

En 1833, Hillion comportait deux brigades. Leur mission était la surveillance des côtes et de la contrebande de sel produit dans la baie, à partir du sentier côtier. En 1949, le service prend fin.

Article - Abri dounaier de Saint-Guimont Abri dounaier de Saint-Guimont

Détruit en 39-45

En 2009, François Boulaire, un aîné habitant Lermot, informe la mairie de la présence de vestiges dont il se souvient bien. Il s'agissait d'un poste de taille moyenne où les douaniers pouvaient dormir sur du varech. Il a été démoli pendant la dernière guerre. Alain Lafrogne, à l'époque adjoint à l'environnement, entreprend alors des travaux de débroussaillage, mais, malheureusement, la végétation reprend le dessus.

En 2015, à la création de l'association Histoire et Patrimoine, Alain Lafrogne propose aux adhérents la restauration partielle de cette casemate. À l'initiative de la municipalité, les travaux commencent en mars dernier, dans le cadre du projet de restauration du petit patrimoine. Grâce au concours de jeunes du centre Jacques-Cartier et de quelques bénévoles, les ruines de l'abri sont entièrement arrachées aux ronces et buissons qui les recouvraient.

« Sur la base du témoignage de François Boulaire, à partir des vestiges dégagés, nous avons dessiné une vue en plan de l'abri, et une vue en perspective », rapporte Alain Lafrogne.

Lors de la Journée du Patrimoine, le 28 mai dernier, cinq adhérents de l'association, aidés de Joël Perrin, et de Killian, du centre Jacques-Cartier, ont continué à redonner à l'abri son aspect d'origine. « Nous avons bien avancé. On voit clairement ce qu'était le bâtiment. Notre objectif n'est pas de le reconstruire, mais de restituer ce qu'était ce patrimoine si emblématique du sentier des douaniers. »


Ouest France, le 16 juin 2016