Château des Marais

Château des Marais

XXème siècle

Selon Henri Frotier de la Messelière, « Les Marais semblent venus à Olivier de la Villéon par son mariage, vers 1400, avec Gillette de Hillion, leurs descendants directs les possédaient encore au XVIIIe siècle, une élégante demeure y fut édifiée au XIXe siècle…

Le château (ou manoir) primitif appartint aux familles de la Villéon du XVe-XVIIIe siècles : Olivier de la Villeon (1440), Bertrand de la Villeon (1535) Messire Anne de la Villeon (1630) dont on trouve un aveu pour les terres du château des Marais mentionnant le Bourg Neuf, Belorient, Jernuguen et le moulin à vent de Carberon. En 1700, le château des Marais appartient à Messire Toussaint Hyacinthe de la Villeon, qui avait droit d’enfeu dans l’église de Hillion.

En 1730, il appartient à Pierre Hyacinthe de Chappedelaine, et depuis 1800 à la famille Sébert de Saint Brieuc.

Louis-Toussaint Sébert, négociant et armateur au Légué est un exemple de la bourgeoisie d’affaires et acquéreur de biens nationaux pendant la Révolution. Il est adjoint au Maire de Saint Brieuc. Il

devient parrain de l’une des cloches de l’église Saint Jean-Baptiste de Hillion. Il laisse le manoir à l’un de ses fils Louis-Marie, né en 1799 et mort en 1875. Le domaine échoit à sa fille Angélique, qui épouse en 1863 Aimé Le Normand de Lourmel. C’est elle qui érige le nouveau château sur l’ancienne demeure devenue ruine. Les travaux sont achevés en 1901.

Elle y meurt le 17 aout 1922, laissant le château des Marais à sa nièce Germaine Sébert, Dame Le Gac de Lansalut. Cette dernière le lègue à sa fille Yvonne, épouse De Freslon. Après son décès, son petit-fils Jean, fils de sa fille Gwenola morte accidentellement d’une chute de cheval, en hérite partiellement. La fin de cette période De Freslon est marquée par une gestion pour le moins problématique des lieux (cf : Anecdotes).

Par la suite, le château devient successivement propriété de deux investisseurs.

Anecdotes

Dans un article consacré à une exposition organisée dans le parc du château des Marais, le journal régional « Le Télégramme » (édition de Saint-Brieuc du 5 août 2009), écrit: « Le public a une occasion unique de pénétrer dans le parc du château des Marais et d'y découvrir la belle demeure qui a failli disparaître, lors des vingt dernières années.

L'unique fille, Yvonne née en 1901 se marie avec Jacques de Freslon, qui décède assez rapidement après la naissance de leur fille Gwénola, en 1929. La jeune fille se laisse séduire par un noble, plus âgé qu'elle, aux multiples paternités dit-on, et donne naissance hors mariage au comte Jean de Freslon, en 1953. La roue commence alors à tourner à l'envers, plutôt dans le mauvais sens pour la famille, car les grands-parents décèdent et Gwénola, jeune maman, toujours aussi impulsive qu'impétueuse, brave le danger. Un soir d'orage, cette orgueilleuse, réfutant les conseils de prudence, part sur son cheval noir, aux oreilles pourtant dressées en signe d'avertissement, elle chute et se tue dans les grèves. Depuis, à cet endroit, se tient une croix celtique (pas facile à trouver) que sa mère a faite ériger en sa mémoire et que les gens du pays ont surnommé «la croix Gwenola». En 1955, il ne reste plus que la grand-mère Yvonne et le comte Jean. Sentant que l'avenir ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, pour son unique petit-fils, au mental souvent défaillant, la grand-mère fait un testament qui hypothèque, malgré elle, l'avenir du château. La donation aux Orphelins d'Auteuil, avec l'usufruit pour le comte, de trois pièces qui ne sont pas précisées, va créer un sérieux embrouillamini après le décès de la doyenne en 1987. Le château va devenir ingérable et se transformer en squat où chacun peut se servir (combien d'objets, de tableaux et de livres ont-ils migré sous d'autres toits?), jusqu'à la transaction de septembre 1995, qui permet au nouveau venu d'en devenir le seul possesseur, tout en réservant des droits au Vicomte, jusqu'à son suicide en 1999. Depuis, avec l'aide de Michel embauché sur place, le nouveau propriétaire a d'abord sauvé le château de la ruine et du délabrement, avant de le préparer à une nouvelle vie publique tournée vers l'avenir ».

Le successeur de la famille de Freslon, B. Jubré, effectue donc d’importants travaux de restauration du château, et met en place les équipements nécessaires à l’organisation de réceptions : chapiteau, vaste terrasse, cuisine aménagée.

L’exposition mentionnée dans l’article du Télégramme ci-dessus concernait un ensemble de girouettes de collection conçues et réalisés par des artistes de notoriété internationale.

Situation géographique

Extrait plan IGN, château des Marais

Plan IGN

 

Extrait Cadastre, château des Marais

Cadastre

 

Extrait cadastre 1812, château des Marais

Cadastre 1812

 

Extrait plan terrier 1812, château des Marais

Plan terrier 1787

 

 

 

Description technique

Château de plan rectangulaire allongé, à élévation ordonnancée, de style néogothique, ouvert sur les quatre côtés, appareillé de granite en pierre de taille. Façade antérieure flanquée de deux corps de bâtiments secondaires de plan carré. Travée centrale couronnée d'un toit en pavillon, à avant-corps en forme de châtelet flanqué de deux tourelles en encorbellement. Escalier de distribution extérieur droit. Tour circulaire à l'arrière.

Le château a été construit au début du XXe siècle à l’emplacement du vieux manoir remontant au Moyen-Age (cf « Historique » ci-après). Il en reste plusieurs éléments qui sont probablement des réemplois :

  • • Au rez-de-chaussée, d’épaisses et grossières dalles d’ardoise, contrastant avec le parquet et la tomette du château XXe, révèlent le sol de l’ancienne bâtisse, tout comme l’ancienne et monumentale cheminée de la cuisine. L’implantation de la cuisine ne semble pas correspondre au tracé du manoir primitif.
  • • A l’arrière du château, dans un mur intérieur donnant sur l’escalier de service en bois, on peut voir une fenêtre qui paraît très ancienne, entourée de moellons de granit. Sa présence et ses dimensions laissent perplexes. Donnait-elle jadis sur l’extérieur du manoir ?

De l’ancien manoir, on peut voir des douves très anciennes, et un réseau hydraulique complexe, qui semble avoir été peu modifiés par rapport aux éléments mentionnés sur la plan terrier de 1787. Ce

système hydraulique a eu pour objectif de drainer ce lieu humide attesté par la végétation, les écoulements et la toponymie. Mais aussi, peut-être d’élément défensif, car les dimensions de ces larges fossés ne semblent pas être justifiées par la seule nécessité d’évacuer des eaux superficielles. Des recherches restent à entreprendre.

Le château comprend différents bâtiments annexes :

  • • Les écuries sur le côté ouest de la cour d’honneur, construites en granite et brique, composées d'un bâtiment à un étage carré flanqué de deux ailes latérales basses couvertes d'un comble à surcroît.
  • • un bâtiment d’habitation sur le côté sud de cette cour, probablement le logement du régisseur ou du concierge.
  • • Des bâtiments de ferme à l'arrière construite en granite et brique sur un plan à deux corps en équerre.
  • • Une chapelle dédiée à Saint Yves et saint Mathurin (cf fiche 020201)

Le plan terrier de 1787 fait apparaitre une organisation différente des bâtiments actuels, un colombier, et un accès par la rabine des Marais, voie principale reliant Yffiniac au bourg de Hillion.

Dessin et cartes postales

Carte postale 1, château des Marais

 

Carte postale 2, château des Marais

 

Carte postale 3, château des Marais

 

Carte Postale 4, château des Marais

Photographies

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Sources d'informations

Livres

  • - Au coeur du Penthièvre : Lamballe – Jugon – Moncontour – Turnegoët. Saint-Brieuc, par Henri Frotier De Le Messelière - Les Presses Bretonnes, 1951, p. 7
  • - Le pays de Lamballe. Saint-Brieuc, par Henri Frotier De Le Messelière : Francisque Guyon éditeur, 1921, p. 4.
  • - Châtellenie de Lamballe. Vieilles demeures et vieilles gens. Hénansal, par Daniel de la Motte-Rouge, 1977, p. 507-510.
  • - Hillion, Volume 3 page 13 à 15 par Ernest Gaillard - Editions tout l’fourbi.
  • - Histoire d’Hillion à travers les âges, par l’Abbé Amicel